Une nouvelle technique pour traiter le cancer de la vessie

 

Etre un hôpital dit de proximité n’empêche pas d’accueillir de nouvelles techniques. C’est même le sens de plusieurs partenariats que le centre hospitalier des Rayettes développe avec les hôpitaux de pointe, comme La Timone ou le CHU Nord à Marseille.

Parmi eux, celui qui vient de prendre corps avec le service d’urologie peut servir d’exemple. Le docteur Harry Toledano, chef du service d’urologie à Martigues, vient d’y amener une technique utilisée depuis cinq ans à Marseille, dans le service du professeur Rossi. « A Martigues, résume-t-il, on ne pourra jamais tout faire. Mais on peut encore progresser dans la prise en charge du patient. »

Nouvel outil de dépistage

C’est ce dont témoigne la mise en place de la « cystoscopie de fluorescence en lumière bleue », ou « immunofluorescence », un nouvel outil adopté par le chef de service, ainsi que par les docteurs Maubon et Santy. Objectif : traiter les tumeurs de la vessie, qui, souvent , n’infiltrent pas le muscle vésical mais récidiveront dans 75 % des cas environ à 5 ans.

« Il s’agit d’un nouvel outil de dépistage, qui nous permet de mieux traiter les tumeurs de la vessie, explique le docteur Toledano. Le problème de ces cancers, jusqu’à présent, c’était leur récidive, fréquente, qui amenait les patients à revenir souvent à l’hôpital. Pourquoi ces récidives ? Souvent parce qu’on ne voyait pas toutes les tumeurs avec les examens pratiqués. Avec l’injection d’un nouveau produit, une heure avant de passer au bloc, que les cellules cancéreuses de la vessie absorbent, nous pouvons mieux les voir, et donc mieux les traiter immédiatement« . C’est aussi une particularité de cette prise en charge puisque la détection, au bloc opératoire, est suivie aussitôt d’un traitement. « Cette technique, qui a nécessité un investissement pour installer de nouveaux appareils au bloc opératoire, est très intéressante, puisqu’on augmente le taux de détection, et on diminue le taux de récidive. »

Au bloc, la lumière révèle les tumeurs invisibles à l’œil nu

Sous leur apparente décontraction, les équipes médicales qui officient ce jour-là au bloc opératoire n’en demeurent pas moins vigilantes. En effet, pour ce type d’opérations, devenues au fil du temps plutôt banales, l’expérience du chirurgien s’avérera très précieuse. Car il est hors de question de passer à côté d’un polype – une petite formation vascularisée pouvant dégénérer en cancer – ou d’une tumeur invisible à l’oeil nu mais révélée par la lumière « bleue » avec laquelle le docteur Harry Toledano ausculte son patient. Il faut dire que l’opération pratiquée sur le sexagénaire, endormi sur la table d’opération, a une double visée. « On va enlever un polype de 25 millimètres que le patient a dans la vessie d’une part et, avec cette technique de fluorescence, vérifier si l’on détecte une tumeur superficielle« , explique-t-il.

Au préalable, le patient s’est vu injecter un médicament – on vous fait grâce du nom scientifique – qui va, deux heures durant, imprégner les tissus de la vessie. La particularité de ce produit, c’est qu’il se fixe spécifiquement à l’intérieur des cellules tumorales – et uniquement elles – qui dégénèrent en cancer de la vessie. L’autre particularité, c’est que, placée sous une lumière bleue, la cellule dans laquelle s’est fixé le produit va se révéler de façon tout à fait caractéristique.