Les anti-androgènes, une hypothèse pour prévenir l’infection au Covid-19

Les hommes atteints d’un cancer de la prostate et soignés par hormonothérapie auraient moins de risque d’attraper le Covid-19, selon une étude italienne.

Un nouvel espoir de traitement arrive d’Italie, mais il ne s’agit que d’une hypothèse de travail. Un traitement inhibant la sécrétion de testostérone, habituellement prescrit pour soigner le cancer de la prostate pourrait aider à combattre le Covid-19. L’idée est venue d’un urologue italien, le Pr Franco Pagano, également président de l’Institut vénitien de médecine moléculaire, qui a constaté que les hommes qui étaient sous traitement contre le cancer de la prostate étaient moins susceptibles de souffrir du coronavirus. Cette hypothèse vient de faire l’objet d’une étude d’un professeur de l’université de Bellinzona (Suisse) publiée dans la revue Annals of Oncology

Cela pourrait expliquer pourquoi les hommes infectés par le nouveau coronavirus développent une forme de maladie plus agressive que les femmes, selon le professeur Andrea Alimonti, de l’Università della Svizzera Italiana (Bellinzona, Suisse).

AUCUNE PREUVE D’EFFICACITÉ 

Les patients cancéreux ont un risque de Covid presque deux fois plus élevé. Or, lorsque les chercheurs italiens ont examiné les patients de Vénétie atteints de cancer de la prostate, ils ont découvert que seuls 4 patients sur les 5273 traités avec l’anti-testostérone avaient développé le Covid-19 et aucun n’était décédé. Sur les 37 161 patients atteints de cancer de la prostate non traités par ce médicament, 114 ont contracté le Covid et 18 sont décédés.

Les chercheurs évoquent la possibilité d’un usage « limité » d’un traitement anti-androgènes, pour prévenir l’infection au Covid-19 chez les hommes. Il est néanmoins bien trop tôt pour conclure quoi que ce soit. Cette étude fournit un argument pour creuser les effets de ce traitement mais elle ne permet pas de conclure qu’il joue un rôle chez les patients infectés par le coronavirus.

Par ailleurs, un effet de l’hormonothérapie du cancer de la prostate est l’impuissance, relève à l’AFP le professeur Fabrice André, directeur de la recherche à l’Institut Gustave Roussy (IGR, France). Aussi, il déconseille d’y recourir avant que des essais cliniques ne confirment son efficacité.