Cancers : les chiffres clés

On estime à 382 000 le nombre de nouveaux cas de cancers (incidence) et à 157 400 le nombre de décès (mortalité) en 2018 en France. Les cancers les plus fréquents sont ceux de la prostate, du sein, du côlon-rectum et du poumon.

Le nombre total (ou « brut ») de nouveaux cas de cancers et de décès par cancer en France tend à augmenter mathématiquement, parce que la population française évolue continuellement et compte de plus en plus de personnes âgées. Observer uniquement ces données ne permet pas de faire des comparaisons sur une période de temps donnée. Pour s’affranchir de ces évolutions démographiques et pouvoir comparer objectivement, d’une année sur l’autre, le risque de développer un cancer ou d’en mourir, on utilise donc des taux dits « standardisés ». Ce mode de calcul a permis d’observer une tendance à la baisse des taux standardisés d’incidence et de mortalité par cancer chez l’homme et du taux de mortalité chez la femme ; chez cette dernière, le taux d’incidence standardisé continue à augmenter légèrement. 

UN TAUX D’INCIDENCE QUI BAISSE ET QUI TEND À SE STABILISER

En 2018, le nombre de nouveaux cas de cancer (incidence) en France métropolitaine a été estimé à 382 000 : 204 600 chez les hommes et 177 400 chez les femmes.

Evolution du nombre de cancers (2018)

On assiste à une baisse du taux d’incidence des cancers chez les hommes (- 1,4 % par an entre 2010 et 2018), liée en partie à une diminution du nombre de cancers de la prostate, et à un ralentissement de la progression de ce taux chez les femmes (+ 0,7 % par an), lié à l’augmentation de l’incidence du cancer du poumon et dans une moindre mesure à celle du cancer du sein.

Chez les hommes, les trois cancers les plus fréquents sont ceux de la prostate, du poumon et du côlon-rectum. Chez les femmes, ce sont les cancers du sein, du côlon-rectum et du poumon. 

UN TAUX DE MORTALITÉ PAR CANCER QUI POURSUIT SA BAISSE

Le nombre de décès par cancer (mortalité) a été estimé à 157 400 en 2018 : 89 600 chez les hommes et 67 800 chez les femmes.

Evolution de la mortalité (2018)

La mortalité par cancer a diminué de 2,0 % par an chez les hommes et de 0,7 % par an chez les femmes entre 2010 et 2018 (taux standardisés). Cette baisse est liée à des diagnostics plus précoces, à des traitements plus efficaces et à la diminution globale du risque de mourir d’un cancer.

Chez les hommes, le cancer du poumon est toujours au premier rang des décès, devant les cancers colorectaux et celui de la prostate.

Chez la femme, le cancer du sein est la 1e cause de décès par cancer, devant le cancer du poumon et le cancer colorectal.

UN TAUX DE SURVIE QUI VARIE SELON LA LOCALISATION DU CANCER

La survie à 5 ans de personnes atteintes de cancers et diagnostiquées entre 2005 et 2010 varie selon la localisation cancéreuse : chez les hommes, ce taux va de 4 % pour le mésothéliome pleural à 96 % pour le cancer du testicule ; chez les femmes, il va de 7 % pour le cancer du pancréas à 98 % pour celui de la thyroïde. D’autres paramètres, comme l’âge et l’état de santé général au moment du diagnostic, entrent également en ligne de compte. Par ailleurs, plus un cancer est détecté tôt et meilleures sont les chances de survie.

Le nombre de personnes de 15 ans et plus en vie en 2018 et ayant eu un cancer au cours de leur existence est de l’ordre de 3,8 millions : 1 844 277 hommes et 1 991 651 femmes. Une enquête menée sur un échantillon de ces anciens patients, VICAN 5, souligne que 3 personnes sur 5 déclarent avoir conservé des séquelles cinq ans après leur diagnostic. Par ailleurs, 12 % des travailleurs salariés occupés au diagnostic déclarent avoir fait l’objet d’attitudes de rejet ou de discrimination liées directement à leur maladie de la part de collègues de travail.

Par ailleurs, la situation professionnelle des personnes ayant eu un cancer s’est considérablement dégradée cinq ans après le diagnostic : le taux d’emploi est passé de 87,3 % à à 75,9 % et le taux de chômage, de 7,3 % à 9,5 %.