Bientôt un vaccin pour traiter et prévenir le cancer du poumon, de l’intestin et du pancréas ?

Une équipe de chercheurs a conçu un vaccin capable de stimuler une réponse immunitaire contre certaines mutations génétiques à l’origine de l’apparition de cancers.

Les scientifiques du monde entier travaillent à prévenir l’apparition des cancers. Et les recherches semblent en bonne voie. En effet, l’Organisation européenne pour la recherche et le traitement du cancer révèle qu’un vaccin expérimental s’est révélé prometteur pour prévenir et traiter un cancer chez la souris. Ces vaccins ont été conçus pour protéger le système immunitaire et cibler les cellules cancéreuses. Précisément, ce dispositif a été mis au point pour cibler un gène appelé KRAS. Ce dernier est impliqué dans le développement de nombreux types de cancers comme celui du poumon, de l’intestin et du pancréas.

Depuis plusieurs années, les chercheurs savaient que ce gène était impliqué dans l’apparition de certains cancers mais ils ne savaient pas comment transformer ces connaissances en un traitement efficace. Cette étude a été réalisée par le Dr Rachel Ambler, chercheuse postdoctorale, et ses collègues du Francis Crick Institute, Londres, Royaume-Uni. “Nous savons que si le KRAS tourne mal, il permet aux cellules de notre corps de se multiplier et de se transformer en cellules cancéreuses. Récemment, nous avons appris qu’avec l’aide appropriée, le système immunitaire du corps pourrait être capable de ralentir cette croissance”. Avant d’ajouter : “Nous voulions voir si nous pouvions utiliser ces connaissances pour créer un vaccin anticancéreux qui pourrait non seulement être utilisé pour traiter le cancer, mais également offrir une protection durable contre le cancer, avec des effets secondaires minimes”.

L’équipe a testé le vaccin sur des souris atteintes de tumeurs pulmonaires et d’autres qui allaient en développer. Les chercheurs ont étudié les souris pour déterminer si leur système immunitaire répondait au vaccin. Résultat ? Chez les souris atteintes de tumeurs, 65% de celles traitées avec le vaccin étaient en vie après 75 jours, contre 15% des souris qui n’avaient pas reçu le vaccin.

Retarder l’apparition des tumeurs

Chez les souris traitées pour induire des tumeurs, 40% des souris vaccinées sont restées sans tumeur après 150 jours, contre seulement 5% des souris non vaccinées. En vaccinant les souris, les chercheurs ont constaté que l’apparition des tumeurs était retardée d’environ 40 jours en moyenne. “Lorsque nous avons utilisé le vaccin comme traitement, nous avons constaté qu’il ralentissait la croissance des cancers chez les souris. Et lorsque nous l’avons utilisé à titre préventif, nous avons constaté qu’aucun cancer ne se développait chez les souris pendant un certain temps. longue période et, dans de nombreux cas, les cancers ne se sont jamais développés”, résume le Dr Ambler.

Cité par MedicalXpress, le Dr James L. Gulley, coprésident du 32e Symposium EORTC-NCI-AACR pour le NCI et directeur du service d’oncologie médicale, Center for Cancer Research a déclaré : “Stimuler le système immunitaire avec des médicaments pour traiter le cancer ou même développer un vaccin pour prévenir le cancer sont deux possibilités intéressantes, surtout si elles peuvent être réalisées avec des effets secondaires minimes. Nous espérons que ces approches prometteuses seront un jour reproduites chez les patients”.

Johanna Amselem