8748 cas enregistrés chez nous en 2014: le cancer du colon, un sujet toujours tabou

Seule une personne de plus de 50 ans sur 10 adhère au dépistage du cancer colorectal en Fédération Wallonie-Bruxelles contre 5 sur 10 en Flandre alors que cette maladie touche presque 9.000 Belges chaque année et est à l’origine de près de 3.000 décès par an, soulignent les experts à l’occasion de la campagne de sensibilisation qui se tient traditionnellement au mois de mars.

Cette différence s’explique notamment par les modalités de dépistage qui diffèrent entre le nord et le sud du pays. Ainsi, la campagne de dépistage organisée depuis 2009 en Fédération Wallonie-Bruxelles s’adresse aux personnes âgées de 50 à 74 ans tandis que celle lancée en octobre 2013 en Flandre s’adresse à la population âgée de 56 à 74 ans.

Ensuite, «le dépistage, même s’il est gratuit, se fait en deux étape en Fédération Wallonie-Bruxelles», explique le docteur Marc Van den Eynde, oncologue digestif aux cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles alors qu’en Flandre, la procédure ne comprend qu’une étape.

Le patient néerlandophone reçoit en effet directement chez lui un kit de dépistage qu’il renvoie ensuite directement au centre communautaire de référence tandis que le patient francophone, après avoir été invité par courrier à participer à la campagne de dépistage, doit se rendre chez son médecin généraliste pour subir un test de sang occulte dans les selles, poursuit le docteur Van den Eynde.

Ce faible taux d’adhésion au dépistage s’explique aussi par le fait que le cancer colorectal reste encore aujourd’hui un sujet tabou, or plus il est diagnostiqué tôt, mieux il se soigne et plus les chances de survie sont importantes, surtout qu’il existe en Belgique un test facile et fiable, rappellent les médecins.

En 2014, 8.748 nouveaux cas de cancer colorectal ont été enregistrés en Belgique. La maladie représente la deuxième cause de mortalité par cancer chez la femme (après le cancer du sein) et la troisième cause chez l’homme (après le cancer du poumon et de la prostate).

Figurant dans le top 3 des tumeurs les plus fréquentes, la maladie est souvent diagnostiquée à un stade avancé car elle se développe sans symptôme et une fois le diagnostic posé, les patients doivent faire face à un pronostic de survie faible ainsi qu’à une diminution de leur qualité de vie.