VACCINATION CONTRE LE CANCER DU COL DE L’UTERUS

En septembre, ce sera la 6e campagne de vaccination gratuite de nos adolescentes, via la Fédération

Wallonie-Bruxelles, contre le cancer du col de l’utérus. Si votre fille a 13/14 ans, si elle entre en 2e secondaire

(ou en 1re différenciée, ou en  1re dans l’enseignement spécialisé), voici ce que vous devez savoir pour

comprendre cette vaccination, son intérêt et ses enjeux.

A la rentrée scolaire 2011, un nouveau vaccin faisait son apparition

en Wallonie et à Bruxelles dans l’offre vaccinale, déjà importante, mise en

place par les autorités publiques pour protéger les enfants et les jeunes.

Un vaccin destiné à prémunir nos adolescentes – futures jeunes femmes

– contre un virus à l’origine de certains cancers dont, chez la femme,

celui du cancer du col de l’utérus. Ce cancer est, après celui du sein,

le 2 e  le plus fréquent chez la femme de moins de 45 ans (633 nouveaux cas au total en Belgique en 2013, derniers chiffres disponibles au Registre du cancer, dont 22 cas chez des filles de moins de 25 ans).

«Un cancer qui met généralement du temps à apparaître, mais qu’il faut surveiller de près, une fois détecté, souligne le Dr Elodie Godart, médecin au Centre de planning familial des Femmes prévoyantes socialistes de Trazegnies, en médecine scolaire, ainsi qu’à l’ONE. Ce cancer peut mettre à mal la fécondité, et il peut encore tuer à notre époque.» Or, le préservatif ne protège pas à 100% contre ce virus – le «papillomavirus» plus précisément (HPV). Le HPV se décline en de très nombreuses souches, dont certaines sont pathogènes. Ainsi les deux souches 16 et 18 qui, sur 15 souches liées au cancer, sont responsables à 70% des tumeurs et lésions précancéreuses au niveau du col de l’utérus, mais aussi les souches 6 et 11, à l’origine des verrues génitales (condylomes). Huit femmes sur dix, sexuellement actives, par le virus HPV au cours de leur vie.

Vacciner avant d’entamer sa vie sexuelle

Le virus s’échange par contact cutané lors des rapports sexuels, souvent dès les premières années de vie sexuelle.

D’où l’intérêt de protéger les adolescentes avant cette étape, grâce à un vaccin préventif. La vaccination offre, en

outre, un taux d’anticorps plus élevé que la protection naturelle spontanée de l’organisme confronté au virus.

«Le pic d’infection apparaît au début de l’activité sexuelle, poursuit le Dr Godart. La campagne de vaccination des

adolescentes concerne la cohorte des 13/14 ans, il faut les vacciner même si elles ont déjà eu des premiers rapports,

de même que le vaccin peut être administré s’il n’y a pas encore de règles menstruelles. Le vaccin est sécurisé chez les fillettes dès l’âge de 9 ans. On a maintenant un recul de dix ans avec ce vaccin, on sait qu’il est sûr, bien toléré et

hautement efficace. On sait aussi que la vaccination assure une bonne protection – jusqu’à 90% contre les lésions

précancéreuses -, qui se maintient dans le temps, même sans rappel

Il semble aujourd’hui, dix ans après la mise sur le marché des vaccins contre les HPV, que leur protection est valable

20 ans. Il n’est donc pas encore question, pour le moment, d’un futur rappel de vaccination chez les femmes vaccinées à l’époque où les vaccins ont débarqué en pharmacie (fin 2006 pour le Gardasil et fin 2007 pour le Cervarix). «Le choix de l’âge de 13/14 ans pour vacciner reste idéal, car ce sont de bonnes conditions», assure Elodie Godart. Et de rappeler, par précaution face aux rumeurs qui circulent parfois contre la vaccination, que «le vaccin anti-HPV ne transmet pas

l’infection.»

En pratique, comment ça se passe ?

La vaccination organisée par la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) concerne les ados de 13/14 ans, soit celles qui vont entrer en 2 e  secondaire en septembre (ou en 1 ère  « différenciée », ou en 1 ère  dans l’enseignement spécialisé pour les jeunes filles correspondant à cet âge). La 2 e  secondaire est, avec la 4 e , l’année de la visite médicale scolaire.

Les informations sont données aux parents avec les documents de médecine scolaire. « Les parents choisissent qui va vacciner leur enfant : soit via l’école, soit chez leur médecin généraliste, le pédiatre ou encore chez le gynécologue », précise notre interlocutrice.

La vaccination s’administre en deux doses, à six mois d’intervalle, jusqu’à 15 ans. Au-delà de cet âge, le schéma vaccinal comporte trois doses (un mois après la première, puis six mois après la deuxième). « Il faut finir le schéma en un an, ce qui n’est pas toujours évident sur une année scolaire. En planning familial, nous essayons toujours de relancer la vaccination afin de bien couvrir la population concernée. » Le planning des FPS de Trazegnies organise ainsi des séances d’information dans les écoles afin d’assurer une couverture vaccinale optimale.

Gratuit à l’école

La vaccination via la médecine scolaire est entièrement gratuite. Chez le médecin, il en coûte le ticket modérateur de la consultation, soit 11,80€, le vaccin étant entièrement remboursé pour les 12-18 ans inclus (le médecin doit le commander via la FWB).

A partir de 19 ans, il faut payer le vaccin soi-même, à raison de 68,82€ par dose (pour le Cervarix, 118,14€ pour le Gardasil).

Soit 206,46€ (ou 354,42€ avec le Gardasil) pour le schéma complet en trois doses. Renseignez-vous auprès de votre mutuelle car la plupart des mutualités proposent une intervention annuelle pour les vaccins (genre 25€ par an).

Le bon conseil : étaler le schéma vaccinal sur deux années calendrier afin de pouvoir obtenir 2×25€.

Moins d’une ado sur 3 est vaccinée

Selon les dernières statistiques disponibles (2012-2013), 29,2% des adolescentes francophones étaient en ordre de vaccination (contre 85% en Flandre). C’est peu. Trop peu pour espérer avoir une « immunité de groupe » qui permettrait un jour d’éradiquer le virus HPV. Parmi les freins, la crainte des parents de voir leur fille démarrer sa vie sexuelle sous couvert de vaccination.

«Comme si le vaccin incitait à avoir une vie sexuelle, note le Dr Godart.C’est un peu la même attitude que pour la pilule: les parents pensent qu’en prenant une contraception, leur fille aura forcément des rapports sexuels. Ce vaccin est préventif contre le cancer, c’est important ! Par ailleurs, il reste essentiel, malgré la vaccination, de faire son dépistage par frottis de col. Les recommandations actuelles conseillent de le faire une fois tous les 3 ans, à toutes les femmes qui ont une activité sexuelle depuis 3 ans ou qui sont âgées de 25 ans à 65 ans