Retard extrêmement inquiétant dans le dépistage de cancers

Aux Pays-Bas, on observe une diminution de 25 % du nombre de diagnostics de cancer lors du confinement.

En France, on redoute 5.000 à 10.000 morts supplémentaires suite au manque de dépistage et au retard de traitement liés au Covid-19.

Et en Belgique, doit-on craindre la même chose ?

La réponse est clairement « oui »
« On n’a pas encore ces chiffres pour la Belgique.

Mais, notre sentiment est qu’on va suivre les autres pays.

Il n’y a pas de raison qu’on soit différent des autres car on a également eu une période de confinement avec un arrêt des soins de santé et une suspension des dépistages.

On a voulu anticiper cette question et on a demandé aux laboratoires de nous envoyer ces données.

Elles doivent nous être transmises en juin, les résultats devraient arriver en juillet.

Mais, les laboratoires nous ont confirmé qu’ils ont eu moins d’activité durant le confinement », nous confie Julie Francart, directrice adjointe du Registre du Cancer qui collecte des informations sur tous les nouveaux cas de cancer recensés en Belgique.

« Il faudra aussi étudier l’impact de la pandémie sur le long terme car retarder le dépistage de certains cancers ou leur prise en charge peut avoir un impact sur le pronostic vital des patients ».Un avis partagé par la Fondation contre le Cancer.

« Je pense malheureusement que notre situation sera tout à fait comparable aux autres pays européens.

Des oncologues nous ont confirmé avoir reçu très peu de nouveaux patients.

Or, on sait que 11.000 diagnostics de cancers auraient dû être posés durant les deux mois de confinement et beaucoup ne l’ont pas été !

Ces diagnostics viennent de dépistages et surtout de consultations de personnes qui ont des symptômes. Pendant le confinement pour toute une série de raisons comme la peur d’être contaminé par le virus, les gens n’ont pas consulté.

Et même s’il l’avait fait, il avait peu de chance d’avoir les examens et les consultations nécessaires pour un diagnostic.

À cause de ce retard, on va être confronté à des cas de cancers plus développés.

Cela pourra avoir un impact négatif sur le traitement et les chances de succès du traitement.

Un retard de diagnostic implique aussi souvent des traitements plus lourds et moins de chance de guérison », nous affirme le Dr. Didier vander Steichel.

« Ne traînez plus »

Le mot d’ordre est aujourd’hui clair.

« N’ayez pas peur ! Si vous avez des symptômes, ne traînez plus et allez chez votre traitant.

Tous les signes suspects ne veulent pas dire cancer mais, si c’est le cas, vous perdez du temps qu’on ne rattrapera pas », continue le Dr. vander Steichel.

« Répondez aussi aux invitations aux dépistages ».

10 signaux d’alarme

La Fondation contre le Cancer rappelle les signaux d’alarme.

« Pour être significatifs, ils doivent être persistants (plus de 2 semaines) ou répétés :

1. Enrouement ou toux persistante, surtout chez les fumeurs et ex-fumeurs ;

2. Difficultés à avaler, surtout chez les personnes qui fument et boivent de l’alcool ;

3. Modification chronique du transit intestinal ;

4. Problèmes pour uriner ;

5. Perte de poids, fatigue ou fièvre persistante sans cause ;

6. Perte de sang anormale ;

7. Grosseur ou gonflement, n’importe où sur le corps ;

8. Chez les femmes, une modification subite de la poitrine ;

9. Modification ou apparition d’une tache pigmentée sur la peau ;

10. Blessure qui ne guérit pas dans la bouche ou sur la peau ».

Article Par Alison Verlaet