Quels traitements pour ces cancers foudroyants ?

Évidemment, ce n’est pas parce qu’un cancer est réputé agressif qu’il ne faut rien mettre en œuvre pour tenter de le soigner. On distingue trois grandes catégories de traitement :

  • L’ablation chirurgicale de la tumeur primitive qui, dès lors qu’elle est possible, augmente considérablement les chances de survie.

  • La chimiothérapie et la radiothérapie. La première consiste en l’administration de médicaments visant à détruire les cellules cancéreuses, ou à les empêcher de se multiplier. La seconde utilise des rayonnements, dans le même but.

  • Les thérapeutiques nouvelles, plus ciblées, comme l’immunothérapie.

“Ces nouvelles thérapies, pour certaines d’entre elles, consistent à trouver des anomalies moléculaires spécifiques sur la tumeur, qui jouent un rôle dans leur capacité à proliférer, et à les cibler plus spécifiquement”, explique le Dr Selle. Il peut s’agir de médicaments, par exemple, qui coupent l’alimentation sanguine de la tumeur, comme les anti-angiogéniques qui bloquent la vascularisation des tumeurs, qui ainsi se « déssèchent ».

Un autre exemple concerne le rôle majeur du système immunitaire qui lutte contre les cellules tumorales. En effet, l’immunothérapie de dernière génération consiste à booster nos défenses immunitaires contre le cancer avec des résultats parfois spectaculaires dans des cancers parfois très graves et métastatiques, comme les mélanomes de la peau, les cancers du poumon, du rein ou les cancers ORL.

En revanche, l’expert met en garde contre certaines pratiques para-cancéreuses, parfois vantées sur internet, comme le jeûne où le régime cétogène. Ces “solutions” reposent sur l’idée qu’il faut affamer la tumeur pour la détruire. Mais elles seraient plutôt contre-productives. “Le jeûne entraîne une dénutrition, car en l’absence d’apport de sucre, la cellule tumorale le puise dans nos réserves de graisses. Ce qui provoque un affaiblissement du système immunitaire. Or, l’état nutritionnel est très important en cancérologie”, rappelle-t-il.

Cancer chronique : le traitement vise à prolonger l’espérance de vie

Par ailleurs, “il y a un certain nombre de cancers avancés pour lesquels on sait que l’on n’est plus dans un projet curateur (de guérison) ». Le cancer devient une maladie chronique, en quelque sorte, et le rôle des médecins est alors de prolonger au maximum l’espérance de vie du patient, en veillant à ce que la maladie et les traitements proposés altèrent le moins possible sa qualité de vie.

“Gagner un an de médiane de survie supplémentaire, c’est déjà beaucoup, puisque 50 % des patients seront au-dessus”, estime le spécialiste. “La chimiothérapie et les nouvelles thérapies, par exemple, permettent de vivre plus longtemps, et l’espérance de vie des cancers ne cesse de progresser. De plus, les personnes qui ont une chimiothérapie efficace auront tout de suite moins de douleurs, moins de fatigue et moins d’autres symptômes liés à leur cancer. Dans ce contexte, ces traitements apportent un réel bénéfice clinique, malgré parfois certains effets secondaires”.

Le Dr Selle rappelle que la balance bénéfice-risque doit être évaluée pour chaque projets thérapeutiques. On peut ainsi ajuster la dose de médicaments d’une chimiothérapie en fonction de la façon dont elle est supportée par le patient. Selon lui, il faut surtout s’intéresser aux avancées de la recherche, et s’engager dans des essais cliniques lorsque c’est possible. Ces derniers permettent l’accès des patients à l’innovation thérapeutique et aussi lui donner un espoir supplémentaire.

Outre l’aspect thérapeutique, une prise en charge globale du cancer est aussi très importante. La nutrition, la prise en charge de la douleur, le suivi psychologique… Tous ces éléments jouent un rôle dans la survie et la possibilité de rémission.