Le cancer de la prostate est le plus fréquent des cancers masculins.

Son risque de survenue augmente à partir de 50 ans, mais il passe encore trop souvent inaperçu.

Troubles urinaires, sensation de brûlure…

Les signes qui doivent vraiment vous alerter.

Description du symptôme : Lorsque vous urinez, le jet de miction semble manquer de pression. Très faible, il s’interrompt et vous avez besoin de pousser pour vider votre vessie…

Explication : « La prostate gonflée comprime en partie l’urètre, le canal via lequel l’urine est évacuée. D’où une gène, souvent plus nette le matin », décrit le Dr Pfeifer, urologue.Ce symptôme, présent chez 90% des patients, est le plus fréquent d’un problème prostatique, selon une étude de l’ANFUC sur 159 patients atteints d’un cancer de la prostate. Il est aussi possible d’avoir des difficultés à commencer ou à cesser d’uriner.

Quand s’inquiéter ? Lorsque ce trouble survient tous les jours.

A noter : Ces signes peuvent aussi se manifester en cas d’adénome de la prostate, maladie bénigne.

Des envies d’uriner fréquentes :

Description du symptôme : Un problème de prostate peut entraîner des envies très fréquentes d’uriner au point de perturber votre quotidien, vos nuits, vos trajets en voiture…

Quand s’inquiéter ? Si vous vous levez « plus de deux fois la nuit, et si vous devez uriner plus de cinq fois par jour, au quotidien. On considère alors cette ‘’fausse incontinence’’

comme un signe », explique le Dr Pfeifer, urologue. Et d’ajouter : « La prostate, qui se trouve sous la vessie, la comprime en grossissant. Ce gonflement peut être bénin ou traduire une tumeur cancéreuse. Le volume de stockage d’urine de la vessie est donc très réduit. On parle alors de pollakiurie. »

A noter : Ces envies d’uriner fréquentes existent aussi en cas d’adénome de la prostate.

Des éjaculations douloureuses :

Description du symptôme : Des douleurs lors de l’éjaculation, associées ou non à des troubles urinaires, peuvent cacher un cancer de la prostate. Le sperme passant par le même canal (urètre) que l’urine, son évacuation peut être accompagnée de brûlures, si ce canal est irrité en raison d’une hypertrophie (grossissement) de la prostate.

Quand s’inquiéter ? Si la gêne arrive plus d’une fois. Dans ce cas, consultez immédiatement un médecin.

A noter : Notez que ce signe existe aussi en cas d’adénome de la prostate.

La sensation de vessie pleine:

Description du symptôme : Vous avez l’impression de ne pas avoir complètement vidé votre vessie après le passage aux toilettes… En fait, ce n’est pas une impression.

Explication : la paroi musculeuse de la vessie, appelée détrusor, se fatigue à force de lutter contre la pression de la prostate. Résultat : elle n’arrive plus à rejeter toute l’urine.

Quand s’inquiéter ? Si vous ressentez cette sensation « régulièrement et avez envie de retourner aux toilettes 30 minutes ou 1 h après y avoir été », explique le Dr Pfeifer, urologue.

A noter :Ce signe est aussi présent dans le cas d’un adénome de la prostate. De plus, l’augmentation du volume d’urine stagnant dans la vessie alors que ses parois se distendent favorise les infections urinaires et les calculs vésicaux.

Sensations de brûlures lors de la miction:

Description du symptôme : Vous ressentez une douleur ou une brûlure lorsque vous urinez. Ce symptôme peut être associé à une envie d’aller aux toilettes très fréquente, voire à la présence de sang dans l’urine, ou à de la fièvre.

Quand s’inquiéter ? « Il peut s’agir d’une simple infection urinaire, sans lien avec un problème de prostate. Mais cette brûlure peut aussi résulter de la compression de l’urètre par la prostate. Le canal, irrité, devient alors douloureux », explique le Dr Pfeifer, urologue.

En cas de douleur, il est conseillé de consulter son médecin pour une analyse d’urine permettant de détecter la cause réelle.

A noter : Ces brûlures peuvent aussi exister en cas d’adénome de la prostate.

L’impossibilité d’uriner:

Le symptôme : Un problème de prostate peut se traduire par une sensation de vessie pleine… mais bloquée. Le bas du ventre est tendu et douloureux lorsque l’on appuie dessus. Dans le jargon médical, il s’agit d’une « rétention aiguë d’urines ». Encore une fois, la prostate « enflée » compresse le reste du système urinaire et l’empêche de fonctionner normalement. L’urine n’étant plus évacuée, la vessie la stocke… jusqu’à plus d’un litre !

Quand s’inquiéter ? Si vous ne parvenez pas à uriner depuis 24 heures. « Rien ne sert de forcer ou d’attendre, il faut consulter rapidement un médecin ou se rendre aux urgences », prévient le Dr Pfeifer, urologue. « La vessie sera vidée grâce à une sonde glissée dans l’urètre ».

A noter : Ce signe peut aussi traduire un adénome de la prostate.

Du sang dans les urines:

Le symptôme : Votre urine (ou votre sperme) se colorent de rouge ou de rose. Ce signe peut traduire différents maux : une hypertrophie de la prostate pouvant cacher un cancer, une infection urinaire, une tumeur de la vessie, ou encore un cancer du rein.

Quand s’inquiéter ? Ce signe doit être pris très au sérieux et faire l’objet d’une échographie.

Sachez toutefois, que « s’il arrive seul, l’hypertrophie de la prostate est le dernier trouble qui est exploré, tant les autres diagnostics possibles sont nombreux et courants », note le Dr Pfeifer, urologue.

A noter : Des saignements dans les urines peuvent aussi cacher un adénome de la prostate.

Troubles érectiles, signe de cancer ?

« Non, les problèmes d’érections ne sont pas révélateurs d’un cancer de la prostate. Ils n’ont pas de lien, si ce n’est qu’ils arrivent tous les deux avec l’âge », explique le Dr Pfeifer.

L’urologue rappelle l’origine de cette idée reçue : « Autrefois, on disait d’un homme qu’il était puni par où il avait péché, associant une vie sexuelle dissolue aux troubles de la prostate ».

A savoir : En revanche, l’ablation totale de la prostate peut entraîner des troubles érectiles et l’infertilité.

Perte de poids, d’appétit et fatigue:

Des douleurs osseuses, une perte de poids, d’appétit, une fatigue et une diminution du nombre de globules rouges dans le sang peuvent être des symptômes caractéristiques d’un cancer généralisé de la prostate. Les métastases (cellules cancéreuses) ont déjà pénétré le sang, s’attaquant à la moelle osseuse qui ne produit plus assez de globules rouges.

« Il y a 20 ans, dans la grande majorité des cas, on détectait le cancer à ce moment-là seulement.

Heureusement, aujourd’hui, les troubles qui lui sont liés et le toucher rectal nécessaire à son diagnostic sont moins tabous. Le dépistage est plus répandu. On parvient donc à traiter la maladie avant qu’il ne soit trop tard », explique le Dr Pfeifer, urologue.

Prostate malade : pas de symptôme au départ

Le premier des symptômes du cancer de la prostate, c’est qu’il n’y en a pas ! « Lorsque le cancer débute, aucun symptôme n’apparaît. Cette phase peut durer très longtemps, alors que le cancer progresse », alerte le Dr Pfeifer, urologue. La majorité des symptômes sont dus à une augmentation de la taille de cette glande (hypertrophie de la prostate), à l’origine grosse comme une châtaigne. Cette grosseur peut être un adénome bénin ou cacher un cancer, mais elle peut très bien ne pas gêner le système urinaire et sexuel. D’où l’importance de demander un dépistage à son médecin tous les ans à partir de 50 ans.

Celui-ci détectera une hypertrophie bénigne ou un cancer grâce à une prise de sang et un toucher rectal, et fera ensuite une biopsie si nécessaire.

Etes-vous à risque ?

Tous les hommes ne sont pas égaux devant le risque de développer un cancer de la prostate.

Les facteurs de risque principaux sont l’âge, les antécédents familiaux et l’origine des personnes

– Plus un homme est âgé, plus le risque de tumeur maligne de la prostate est grand.

La majorité des cancers de la prostate sont découverts après 65 ans avec un pic autour de 75 ans. – « Les antécédents sont aussi des facteurs de risque. Lorsqu’un patient à un frère ou un parent qui a eu un cancer, on lui recommande un dépistage dès 45 ans », explique le Dr Pfeifer. – Enfin, les populations d’Afrique subsaharienne, des Antilles et d’Europe sont les plus touchées. Les taux les plus faibles sont observés dans les pays asiatiques.