Papillomavirus : l’histoire d’un vaccin qui prévient un cancer

Gros plan sur le vaccin contre le cancer du col de l’utérus. Et par rapport à tous les autres, ce vaccin-là a une originalité. « C’est l’un des seuls vaccins qui sait prévenir un cancer, qui est un cancer grave« , rappelle Alexandra Lery, oncologue médical à l’institut Gustave Roussy. « Les cancers du col, même si c’est une maladie relativement rare puisqu’on en a 3.000 par an, on a plus de 1.000 décès », explique-t-elle.

L’histoire du vaccin contre le cancer du col de l’utérus est extrêmement récente comme en témoigne le professeur Jean-Luc Mergui, gynécologue obstétricien et responsable de l’unité de colposcopie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

« Quand j’ai commencé à m’occuper du cancer du col et de ses précurseurs, c’était dans les années 1980. On ne savait même pas quelle était la cause ce cancer. On savait que c’était probablement dû à une maladie sexuellement transmissible, puisque les femmes qui n’avaient jamais eu de rapport n’avaient pas de cancer », raconte-t-il.

Un vaccin efficace

À l’époque en effet, les chercheurs privilégient la piste de l’herpès génital, comme déclencheur grâce aux travaux d’un Allemand, Harald zur Hause couronné par un prix Nobel des années plus tard en 2008, on découvre que ce cancer responsable de 230.000 décès dans le monde est dû à un virus, très fréquent, chez les filles et les garçons appartenant à la famille des papillomavirus humains, le fameux HPV.