Le dépistage du cancer

Aujourd’hui, le cancer est responsable de plus de 150 000 décès par an. Pourtant, un dépistage précoce permettrait d’augmenter les chances de guérison. Encore faut-il que chacun se prenne en main sa santé. Ne manquez pas vos rendez-vous clés !

Le dépistage, première arme anti-cancer

Face au cancer, mieux vaut agir le plus tôt possible ! Pour ce faire, la détection précoce des tumeurs est un élément clé du traitement. Face aux principaux cancers, hommes et femmes disposent d’examens de dépistage à ne pas manquer !

A chaque cancer, son dépistage

Plusieurs cancers disposent de tests de détection précoce. Pour certains d’entre eux, un dépistage de masse a été décidé ; pour d’autres, le débat reste entier. Découvrez l’essentiel sur ces examens. Plus un cancer est détecté tôt, mieux il est traité.

Recommandations sur le dépistage du cancer colorectal

Les différentes étapes du dépistage du cancer du côlon

QUI EST CONCERNÉ ?

Le dépistage du cancer colorectal concerne tous les deux ans les personnes âgées de 50 à 74 ans1. Près de 17 millions de personnes sont ainsi concernées par ce dispositif. Découvrez en pratique les enjeux d’une telle stratégie de lutte contre l’un des cancers les plus dangereux.

COMMENT SE PROCURER LE TEST DE DÉPISTAGE ?

Tous les hommes et femmes âgés de 50 à 74 ans se voient proposer par courrier un test qui permet de détecter des traces de sang occulte dans les selles. Ces personnes devront se rendre chez leur médecin généraliste pour se faire expliquer la démarche. Le médecin traitant détermine alors si ce test est approprié à la situation de son patient et dans l’affirmative, il remet le test et en explique les modalités d’utilisation. Les personnes qui n’ont pas réalisé le test remis par le médecin généraliste sont relancées par la structure de gestion qui leur envoie le test par voie postale avec un mode d’emploi. Par ailleurs, les médecins peuvent, sans lettre d’invitation, remettre le test à leurs patients âgés de 50 à 74 ans.

COMMENT FONCTIONNENT CES TESTS ?

Recommandés depuis plusieurs années par diverses instances sanitaires (Académie nationale de Médecine, Haute Autorité de Santé), les tests immunologiques ont remplacés depuis mai 2015 les tests Hemoccult II. Ces tests immunologiques ont l’avantage plus efficaces avec la détection de 2 à 2,5 fois plus de cancers et 3 à 4 fois plus d’adénomes avancés, et plus sensibles, avec le dépistage de lésions plus précoces. Avec un seul prélèvement de selles contre six avec les test au gaïac, ils sont également beaucoup plus simples d’utilisation et devraient ainsi contribuer à l’amélioration de la participation au dépistage organisé du cancer colorectal.

Cancer colorectal : un dépistage en progression

Mais il ne suffit malheureusement pas de disposer d’un test efficace pour garantir le succès d’un dépistage de masse. Le succès d’un tel programme nécessite un taux de participation supérieur à 45 %. Sur la période 2009-2010, près de 17 millions de personnes de 50 à 74 ans ont été invitées à se faire dépister. La participation nationale au dépistage sur cette période est de 34 % ; elle est plus élevée chez les femmes (36,5 %) que chez les hommes (31,4 %). Les participation oscille entre 52,4 % pour la Bourgogne et 23,5 % pour la Réunion 2.

Selon l’Institut national du cancer, le taux de participation et la notoriété de ce dépistage sont en forte progression : 90 % des personnes interrogées en 2009 connaissent l’existence d’un dépistage du cancer colorectal (soit 8 points de plus qu’en 2005) 3.

L’importance de la participation au dépistage reste d’ailleurs un élément-clé dans la lutte contre le cancer colorectal. Chaque anné au mois de mars, le mois Bleu, des campagnes d’information et de sensibilisation visent à mieux mobiliser les personnes concernées. L’enjeu est de taille : aujourd’hui, le cancer colorectal est le 2ème en termes de mortalité, avec plus de 17 500 décès par an.

Ecrit par:

David Bême

Rédacteur en chef Doctissimo

Le test Hemoccult II

Définition du test Hemoccult II

Le test Hemoccult II, aussi appelé test au gaïac, permet de dépister la présence de sang dans les selles et donc la présence éventuelle d’une tumeur colorectale. Depuis 2009, ce dépistage du cancer colorectal est systématiquement proposé en France, dès l’âge de 50 ans, et jusqu’à 74 ans, tous les 2 ans.
Ce test est remplacé depuis mai 2015 par un nouveau test immunologique plus sensible, qui permettrait de détecter 2 à 2,5 fois plus de cancers et 3 à 4 fois plus d’adénomes.

Le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus fréquent chez femmes derrière le cancer du sein, et il occupe la troisième place chez les hommes, derrière le cancer de la prostate et du poumon. Son importance justifie la mise en place d’un test de dépistage à grande échelle dans la plupart des pays occidentaux. Au Québec, en revanche, ce dépistage n’est pas encore systématique.

Déroulement du test Hemoccult II

Le test est prescrit par le médecin, mais il est réalisé par le patient lui-même, à la maison. Le but est de détecter la présence de sang dans les selles. Le patient doit réaliser les prélèvements sur 3 selles successifs (6 prélèvements en tout).

La marche à suivre est la suivante :

  • choisir un récipient propre et sec afin de recueillir vos selles (un sac plastique ou du journal par exemple)

  • prélever un échantillon de la taille d’un grain de riz avec un bâton et le poser au centre du premier cadre de la première plaquette. Faire pareil pour remplir le deuxième cadre de la première plaquette, et recommencer le tout deux fois avec deux autres selles pour remplir les deux autres plaquettes. Un délai de 10 jours maximum doit être respecté entre le premier prélèvement et l’envoi du test.

  • mettre les trois plaquettes et la fiche d’identification remplie dans une enveloppe médicale prévue à cet effet et l’envoyer au laboratoire

Le nouveau test immunologique a l’avantage de nécessiter qu’un seul prélèvement de selle.

Quels résultats peut-on attendre du test Hemoccult II ?

Dans 97% des cas, le test est négatif. Aucune présence de sang n’a été détectée. Notons qu’il arrive que certains polypes ou cancers ne saignent pas au moment des prélèvements et ne soient donc pas détectés par le test. Le patient recevra une invitation à recommencer le dépistage deux ans plus tard. Si avant ces deux ans, le patient a des troubles digestifs (présence de sang dans les selles, modification soudaine du transit, ou encore douleurs abdominales persistantes), alors il est conseillé de consulter un médecin qui pourra établir un diagnostic.

Dans 3% des cas, le test est positif. Mais attention, cela ne signifie pas forcément que le patient est atteint d’un cancer. Il est toutefois nécessaire de consulter un médecin (un gastroentérologue), qui prescrira une colposcopie (examen de tout le revêtement du côlon à l’aide d’un endoscope) afin de s’assurer de l’absence d’un cancer colorectal.