L’alimentation du patient cancéreux

Durant votre traitement, il vous semblera parfois difficile de conserver un parfait équilibre alimentaire.

Pourtant même si elle ne permet pas de guérir du cancer, l’alimentation constitue un véritable soutien à la

thérapie. Quels sont les aliments à privilégier ? Existe-t-il des denrées à proscrire ?

Ne pas négliger une alimentation équilibrée

 Contribuant au bien-être général du patient, l’alimentation permet également de renforcer ses

défenses immunitaires parfois mises à mal par les traitements. Ainsi, le médecin doit veiller, autant que possible, à

votre alimentation.

Pensez à :

  • Faire au moins trois repas quotidien ;
  • Avoir une alimentation variée et équilibrée ;
  • Ne pas manger sur le pouce mais prendre votre temps ;
  • Limiter les aliments trop gras ou trop sucrés ;
  • Boire suffisamment au cours de la journée.

On sait notamment que certaines aversions alimentaires peuvent entraîner des pertes de poids. Ces phénomènes

sont à l’origine d’importantes fatigues, qui peuvent miner la qualité de vie, quand elles ne sont pas elles-mêmes à

l’origine d’un désintérêt pour la nourriture. Ne tombez pas dans ce cercle vicieux !

Privilégiez les aliments riches en protéines

Durant votre traitement, votre appétit sera très certainement perturbé. Pour mieux en évaluer les conséquences,

surveillez périodiquement votre poids. En cas de variation importante, parlez-en à votre médecin. En cas

d’amaigrissement, la Ligue nationale contre le cancer préconise de :

  • Favoriser les plats enrichis ;
  • Fractionner les prises alimentaires ;
  • Augmenter les apports caloriques en consommant davantage de beurre, crème, mayonnaise, yaourts,

fromages, crèmes glacées, confiture, miel.

  • Privilégiez les aliments riches en protéines (oeufs, produits laitiers, viandes et poissons, céréales), qui apportent

force et énergie tout en vous aidant à garder votre poids.

Cette dernière recommandation est particulièrement liée au fait que la fatigue est souvent liée à la perte de poids

en terme de masse musculaire. En privilégiant les protéines, vous permettez à vos muscles de se reconstruire, et

ainsi de retrouver une activité physique qui facilitera sans aucun doute une meilleure réinsertion sociale. Par ailleurs,

évitez de sauter des repas et si c’est le cas, pensez à compenser. Si ce phénomène a tendance à se répéter faute

d’appétit, parlez-en à votre médecin. Il pourra vous proposer des compléments nutritionnels dont certains sont

remboursés par la Sécurité sociale.

Si au contraire, vous avez pris du poids (suite à une chimiothérapie principalement), n’entamez pas un régime de

votre propre chef. Là-encore, l’avis médical est indispensable : ce n’est pas le moment d’affaiblir votre organisme.

Chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie

Après un traitement chirurgical , seules certaines opérations nécessitent une alimentation particulière du fait de

leur localisation. Ainsi, en cas d’intervention au niveau de la bouche du pharynx ou de l’oesophage, l’absorption

d’aliments solides est difficile pendant plusieurs semaines. Il vous faudra très certainement privilégier une alimentation

liquide, des purées, compotes et viande hachée avant de revenir petit à petit à une alimentation normale. Pour des

raisons anatomiques, une ablation ou une réduction de l’estomac aura des conséquences.

Dans cette poche, séjourne normalement le bol alimentaire avant de subir diverses transformations. Pour ne pas

créer « d’embouteillages digestifs », veillez à privilégier de petits repas fractionnés tout en évitant des aliments pouvant

provoquer des flatulences. Enfin, une colostomie – intervention chirurgicale consistant à créer une ouverture artificielle

entre le colon et l’abdomen (anus artificiel) – l’alimentation devra veiller à ne pas perturber votre transit intestinal. Les

diarrhées ou constipations constituent des ennemis à éviter !

Après une chimiothérapie (ou une radiothérapie des voies digestives supérieures), la déglutition est rendue difficile.

Aussi est-il demandé de privilégier les aliments dits neutres (viande hachée, compote, laitage, pâtes, eau, voire des petits

pots) et d’éviter des aliments susceptibles de noircir encore le tableau comme les aliments trop acides (citron,

pamplemousse.), trop secs (pain, poulet.), trop croquant (chips, riz.) des boissons trop chaudes, trop froides ou trop

épicées, ainsi que les boissons alcoolisées.

Après la radiothérapie , il est fréquent que les patients souffrent d’une certaine sécheresse buccale. Pour y parer,

veillez à boire beaucoup d’eau, vous rincer fréquemment la bouche avec une solution bicarbonatée prescrite par votre

médecin. Pour éviter que cette sécheresse ne s’accompagne d’aphtes ou d’irritation, adoptez une hygiène buccale

irréprochable !

Cas particulier : si votre prise en charge nécessite une corticothérapie (traitement à base de cortisone ou de ses

dérivés), votre alimentation sera basée sur un régime sans sel.

Nausées, vomissements, diarrhées et constipation

La chimiothérapie et certaines radiothérapies peuvent entraîner des nausées ou des vomissements. Parce que ces

réactions sont souvent le résultat d’une hypersensibilité à certaines odeurs, il est préférable de composer vos menus

à base de plats ne présentant pas de fortes odeurs ou trop d’épices. Petite astuce : les repas tièdes ou froids

provoquent souvent moins de réactions nauséeuses. Pensez-y !

Si vous ne réussissez pas à conserver ce que vous ingurgitez, votre médecin vous proposera des traitements

adaptés anti-nauséeux.

Le traitement peut perturber les fonctions de digestion et d’absorption de votre organisme. Ce qui a la fâcheuse

conséquence d’entraîner plus fréquemment des diarrhées ou des constipations. Pour éviter une déshydratation liée

aux premières, pensez à régulièrement vous hydrater. En cas de constipation, une bonne hydratation est également

un pilier indispensable. Pour faciliter votre transit, vous pouvez (sauf contre-indication) opter pour des aliments riches

en fibres, les légumes verts ou les fameux pruneaux !

Dans tous les cas, votre médecin reste votre interlocuteur principal. Il vous orientera si besoin vers un nutritionniste

qui vous aidera à composer des repas équilibrés et vous orientera dans vos choix alimentaires.