Cancer : plus de 5 millions de survivants souffrent de douleurs chroniques

Selon une récente étude, plus de 5 millions d’Américains ayant combattu un cancer expérimentent des douleurs chroniques, des effets secondaires courants des traitements de la maladie qui altèrent grandement la qualité de vie et qui nécessiteraient une meilleure gestion.

Guérir d’un cancer ne signifie pas forcément la fin des maux. Selon une étude publiée le 20 juin 2019 dans la revue médicale JAMA Oncology, plus d’un tiers des survivants américains souffriraient de douleurs chroniques liées aux traitements de la maladie, soit deux fois plus que la population générale aux Etats-Unis.

En se basant sur les données du National Health Interview Survey (étude annuelle sur la santé des Américains conduite par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies), les chercheurs ont pu constater qu’environ 35% des personnes guéries d’un cancer expérimentent des douleurs chroniques, c’est-à-dire pas moins de 5 390 000 patients.

Au même titre que la fatigue, la douleur est un effet secondaire courant des traitements du cancer comme la chimiothérapie, la radiothérapie et la chirurgie. Comme l’explique la Société canadienne du cancer, ces différents types de traitements “peuvent endommager des nerfs et causer de la douleur et un engourdissement dans certaines régions du corps”. Certains cancers sont davantage enclins à cet effet indésirable. C’est le cas des cancers des os, du rein, de la gorge et de l’utérus. Les chercheurs ont également noté que ces douleurs chroniques étaient décuplées chez les personnes sans emploi et celles ayant un niveau d’assurance inadéquat.

Une problématique qui nécessite une meilleure gestion

Ces répercussions sont d’autant plus préoccupantes qu’elles altèrent profondément la qualité de vie des patients, les limitant dans leurs activités quotidiennes. Par ailleurs, elles réduiraient l’efficacité des traitements, et représentent un véritable coût pour le système de santé.

Selon Changchuan Jiang, co-auteur de l’étude, “ces résultats soulignent d’importants besoins non comblés dans la gestion de la douleur chez les survivants du cancer, qui sont de plus en plus nombreux. Une meilleure connaissance de l’épidémiologie de la douleur chez cette population peut aider à identifier les priorités en termes de soins de santé.

Douleurs chroniques après un cancer : quel(s) traitement(s) ?

L’Institut national du cancer (INCa) rappelle que “toute douleur qui s’installe, qui persiste [plus de 3 mois], qui se modifie, justifie un avis médical auprès de votre médecin traitant ou des médecins de l’équipe soignante”. L’évolution de la douleur étant imprévisible, “il est important de ne pas perdre de temps et la signaler au plus vite pour une prise en charge précoce”. Le traitement de la douleur chronique repose sur l’utilisation de médicaments antidouleur et/ou le recours à des techniques non médicamenteuses (kinésithérapie/rééducation, thérapie cognitives et comportementales…).

Ecrit par:

Morgane Garnier  Créé le 24 juin 2019