Cancer du sang : un gène identifié comme oncogène dans le lymphome B

Une protéine jouant un rôle important dans le développement du cancer du sang le plus courant, le lymphome diffus à grandes cellules B, vient d’être identifiée.

La recherche sur le cancer continue d’avancer. Une récente équipe dmenée par le Centre national de recherche sur le cancer (CNIO) aux Etats-Unis a fait une découverte majeure : un nombre important de gènes HnRNP K peut provoquer des lymphomes diffus à grandes cellules B. Mais qu’est-ce que l’HnRNP K ?

De son nom complet Heterogeneous Nuclear Ribonucleoprotein, il s’agit d’une protéine de liaison à l’ARN (l’acide ribonucléique), une molécule biologique dont le rôle est justement de synthétiser les protéines, mais qui intervient aussi dans des réactions chimiques du métabolisme cellulaire.

Il a déjà été découvert lors de précédentes études que cette protéine est bien plus présente chez les personnes touchées par un cancer. Aujourd’hui, cette nouvelle étude, publiée dans le Journal of the National Cancer Institute,prouve qu’une surexpression de HnRNP K entraîne des cancers plus virulents et diminue les chances de survie.

Une étude menée sur des souris génétiquement modifiées

Pour mener cette étude, les chercheurs sont utilisé des souris préalablement modifiées génétiquement pour avoir une sur-expression de HnRNP K. Ainsi, les chercheurs ont pu examiner directement l’effet du HnRNP K dans le cas lymphome B à grandes cellules. « La surexpression de HnRNP K chez des souris transgéniques a entraîné le développement d’un lymphome et réduit sa survie », résume Miguel Gallardo, chercheur et coordinateur de l’unité qui a mené ces recherches.

Le lymphome diffus à grandes cellules B est un cancer agressif, car sa masse tumorale augmente très rapidement, et les récidives sont très fréquentes. Néanmoins, grâce aux progrès de la recherche et la thérapie CAR-T Cells, récemment arrivée en France, il peut être mieux traité. La découverte de ce pro-oncogène pourra donc permettre de développer de nouvelles méthodes d’évaluation des patients et de nouvelles approches thérapeutiques pour augmenter les chances de rémission.

 

Par Justine Ferrari  Publié 27.05.2019