Cancer du poumon : Moovecare, l’application pour diminuer les rechutes est remboursée

L’application MoovCare dédiée au cancer du poumon détecte les signes de complication ou de rechute et permet de réagir plus rapidement.

C’est une excellente nouvelle pour les patients touchés par un cancer du poumon : l’application Moovcare® a obtenu le 11 juin son inscription sur la liste des produits remboursables par l’Assurance maladie. Une fois le décret d’application publié, cette solution de télésurveillance pourra compléter l’arsenal thérapeutique dédié au deuxième cancer le plus mortel en France.

« Ça a été une négociation longue et dure car il n’y avait pas de produits comparables pour servir de base au calcul du prix, explique au Parisien Ayala Bliah, directeur général de Sivan, plate-forme numérique qui commercialise Moovcare. Il a fallu faire de la pédagogie sur la thérapie digitale, démontrer le gain pour l’Assurance maladie et pour les patients. »

Le 9 avril 2019, la Haute autorité de santé avait rendu un avis favorable à la prise en charge par l’Assurance maladie de ce logiciel innovant qui permet de détecter précocement les risques de rechute et de complications chez les patients atteints d’un cancer du poumon, grâce à un questionnaire en ligne.

L’application avait été présentée lors du congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) en juin 2016. Ses bénéfices ? Elle diminue le nombre de rechutes, améliore la qualité de vie et augmente la survie à un an des malades.

DÉTECTER LES RISQUES DE COMPLICATION ET DE RECHUTE

L’entreprise Sivan innovation, à l’origine de cette application, explique sur son site internet que MoovCare fonctionne grâce à un algorithme qui analyse les symptômes cliniques du patient. Une fois par semaine, le patient renseigne lui-même une liste de 12 critères tels que son poids ou l’intensité de sa douleur. Si l’application repère une anomalie, elle envoie une alerte à l’équipe médicale, qui contacte le patient pour réaliser un examen ou redéfinir un traitement. Ce suivi à distance permet de diminuer le nombre de rechutes mais aussi de réagir plus rapidement en cas de complication.

Et pour cause : l’équipe médicale suit à distance le patient, qui est lui-même plus vigilant à tout signe de détérioration, auquel il n’aurait pas forcément prêté attention en temps normal. Les consultations ne sont plus programmées aléatoirement, elles s’adaptent à l’évolution de l’état de santé. Cette détection précoce des rechutes permet au médecin de réagir plus rapidement et d’adapter la prise en charge à l’évolution clinique du patient.

UNE COMMUNICATION CONSTANTE ENTRE PATIENT ET MÉDECIN

Cette application a été testée lors d’un essai clinique de phase 3 sur 400 malades atteints d’un cancer du poumon de stade III ou IV. L’étude a été réalisée par une équipe de chercheurs français dirigée par l’institut Inter-regional de Cancérologie Jean Bernard, au Mans. Avec ou sans l’application, tous les patients ont consulté leur médecin et réalisé un scanner tous les trois à six mois. Résultat : la survie des patients qui ont utilisé l’application a été de 19 mois, contre 12 mois sans l’application, soit précisément 7,6 mois de gain d’espérance de vie. Et à un an, 75% des patients du groupe utilisant Moovcare étaient en vie, contre seulement 49% pour le groupe sans l’application. A deux ans, les patients atteints d’un cancer du poumon et toujours vivants sont 20 % plus nombreux quand ils ont utilisé Moovcare !

La qualité de vie, évaluée grâce à des questionnaires, s’est également avérée meilleure pour les patients bénéficiant de l’application. « A travers un suivi personnalisé grâce à cette application pratique et simple, nous pouvons détecter les complications et les signes de rechute, et offrir un soin approprié plus précocement« , avait souligné le docteur Fabrice Denis, en charge de l’essai clinique, dans un communiqué de l’ASCO. « Cette approche introduit un nouveau mode de suivi dans lequel les patients peuvent constamment communiquer avec leur cancérologue entre les visites« .

MoovCare fonctionne sur smartphone, tablette et ordinateur.

Par Laurene Levy