Cancer du col de l’utérus : grâce au vaccin, les infections à HPV ont considérablement diminué

Une étude d’envergure mondiale menée par des chercheurs québécois démontre l’efficacité des campagnes de vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), puisque depuis leur mise en place, le nombre d’infections a considérablement baissé. Selon les scientifiques, l’incidence du cancer du col de l’utérus est donc amenée à diminuer.

Sommaire

  1. Une baisse de 83% des HPV les plus dangereux

  1. Le cancer du col de l’utérus éradiqué d’ici une vingtaine d’années en Australie

Des travaux d’une ampleur inédite menés par des chercheurs québécois et publiés le 26 juin 2019 dans la revue The Lancet ont montré que depuis la mise en place de la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) en 2006, le nombre d’infections a chuté. Ces virus étant les principaux facteurs de risque du cancer du col de l’utérus, les scientifiques affirment que des réductions de l’incidence de la maladie, responsable de 310 000 décès en 2018, pourront être observées “dans les 10 à 20 prochaines années”.

Une baisse de 83% des HPV les plus dangereux

Pour parvenir à ce constat, les chercheurs ont réalisé une méta-analyse en combinant les résultats de 65 études portant sur 14 pays développés qui proposent la vaccination. Les données de pas moins de 60 millions d’individus ont ainsi été passées au crible, afin de comparer la fréquence des infections à HPV, des condylomes (verrues génitales) et des lésions précancéreuses du col de l’utérus avant et après le lancement des campagnes de vaccination.

Verdict : la prévalence des infections à HPV 16 et 18, deux types de HPV qui provoquent 70% des cancers et des lésions précancéreuses du col de l’utérus, a diminué de 83% chez les filles âgées entre 13 et 19 ans, et de 66% chez les femmes entre 20 et 24 ans. Les lésions précancéreuses ont elles-mêmes chuté de 51% chez les 15-19 ans et de 32% chez les 20-24 ans, tandis que l’incidence des condylomes a également considérablement baissé, chez les femmes comme chez les hommes.

« Cette étude fournit la première preuve tangible que la vaccination contre le HPV pourrait prévenir le cancer du col de l’utérus”, explique Mélanie Drolet, auteure principale de l’étude, au Journal de Québec.

Le cancer du col de l’utérus éradiqué d’ici une vingtaine d’années en Australie

L’efficacité du vaccin contre les infections à HPV a été soulignée plusieurs fois auparavant par les autorités sanitaires. Parmi la soixantaine de pays qui ont un programme de vaccination, l’Australie, où la couverture vaccinale avoisine les 80%, a observé une telle baisse du nombre d’infections qu’elle espère éradiquer le cancer du col de l’utérus d’ici une vingtaine d’années. De son côté, la France est beaucoup plus frileuse, puisque seulement 21% de la population est vaccinée. En février dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS)expliquait vouloir que les filles du monde entier soient vaccinées contre les HPV, la mortalité par cancer du col de l’utérus étant particulièrement forte dans les pays pauvres. Quelques semaines plus tard, 50 sociétés savantes appelaient à l’extension de la vaccination aux filles comme aux garçons pour prévenir la maladie.

Ecrit par:

Morgane Garnier

Créé le 28 juin 2019

Sources :