Cancer de la vessie : tabac et exposition professionnelle sont en cause

Cancer de la vessie : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
Le cancer de la vessie touche les cellules de la paroi vésicale que l’on appelle « l’urothélium ».
Les canaux qui amènent l’urine des reins vers la vessie sont « les uretères », à ne pas confondre avec « l’urètre » qui conduit l’urine de la vessie vers l’extérieur par « le méat urinaire ».
Le fait d’uriner est appelé « miction » par les médecins.
« L’hématurie » est la présence de sang dans les urines et constitue le signe d’alerte principal de ce cancer.

Qu’est-ce que le cancer de la vessie ?

La vessie est un organe de 6 cm de long sur 5 cm de large qui fait partie de l’appareil urinaire. C’est une sorte de réservoir dont le rôle est de contenir l’urine entre 2 mictions.
L’urine est produite par les reins et va se stocker dans la vessie en descendant des reins par deux canaux : « les uretères ». La vessie se remplit alors progressivement et se dilate pour contenir au maximum environ un demi litre d’urine.
La muqueuse qui tapisse les parois de la vessie s’appelle « l’urothélium ». Elle est capable de se déformer pour suivre la dilatation de la vessie. Elle envoie des informations sensorielles au cerveau par l’intermédiaire de récepteurs et de nerfs pour donner envie d’uriner lorsqu’elle est pleine.
Lors de la miction, deux systèmes musculaires vont se coordonner : la paroi musculaire autour de la vessie va se contracter pour expulser l’urine, et le sphincter autour de l’orifice de sortie de la vessie va se relâcher au même moment pour permettre l’écoulement de l’urine par l’urètre et son évacuation à l’extérieur du corps via le méat urinaire.
Les cellules de la vessie subissent parfois des modifications qui les rendent anormales et augmentent leur multiplication. La prolifération rapide de ces cellules cancéreuses va former une masse dans la vessie que l’on appelle la tumeur cancéreuse. Plus de 90 % des cancers de la vessie sont des « carcinomes urothéliaux » qui se développent aux dépens des cellules de l’urothélium.
Quand le cancer atteint seulement la partie superficielle, on parle d’un « cancer non infiltrant » de la vessie, lorsqu’il se propage plus profondément et atteint la paroi musculaire on parle alors de « cancer infiltrant » de la vessie. Cette distinction est primordiale car la prise en charge et le pronostic de survie sont différents.

Quelles sont les causes du cancer de la vessie ?

Il n’existe pas de cause identifiable de survenue du cancer de la vessie. Il existe cependant des facteurs de risque qui peuvent favoriser le développement du cancer. Il est important d’avoir à l’esprit que la présence d’un ou plusieurs facteurs de risque n’entraîne pas systématiquement l’apparition d’un cancer. De même, l’absence de facteur de risque reconnu n’empêche pas l’apparition d’un cancer de la prostate.
Le tabagisme est le facteur carcinogène le plus prédominant. Il est responsable de près de 50 % des cas. Un fumeur a trois fois plus de risques de développer un cancer qu’un non-fumeur. En cause, les substances toxiques contenues dans les cigarettes qui sont éliminées dans les urines et viennent irriter les cellules.
L’exposition régulière et prolongée à des produits chimiques, notamment dans un cadre professionnel est la deuxième circonstance de survenue de cancer. On recense deux grandes catégories de substances potentiellement cancérogènes : les hydrocarbures aromatiques polycycliques et les amines aromatiques. Les premiers sont présents dans les dérivés de la houille (goudrons, huiles, brais, suie de combustion du charbon) et sont utilisés dans les industries métallurgiques, les seconds sont présents dans les pesticides, produits cosmétiques, teintures ou colorants, et rencontrés fréquemment dans les industries textiles ou du caoutchouc.
Enfin tout ce qui entraine une irritation ou une inflammation de la vessie peut être un facteur favorisant de cancer. Les infections bactériennes urinaires à répétition, l’infection parasitaire de la bilharziose, une irradiation de la vessie par de la radiothérapie du bas ventre ou une exposition à de fortes doses de certaines chimiothérapies (cyclophosphamide).

Quels sont les signes du cancer de la vessie ?

Le signe présent quasiment de manière systématique est la présence de sang dans les urines. « L’hématurie macroscopique » est visible à l’œil nu par la coloration rouge des urines. La couleur peut varier d’un jaune orangé à un rouge vif avec possiblement la présence de caillots.
D’autres signes urinaires peuvent également apparaître comme un besoin fréquent d’aller uriner, c’est la « pollakiurie », ou un besoin urgent d’aller uriner c’est « l’urgenturie » ou la « miction impérieuse ». Accompagnés de brûlures mictionnelles, ces signes peuvent d’abord faire penser à une infection urinaire qui peut masquer la présence d’un cancer.
Par ailleurs, lorsque la tumeur envahit la couche musculaire de la vessie et se développe dans les organes avoisinants, le malade peut ressentir des douleurs pelviennes ou lombaires. Si la tumeur est à un stade avancé, il y a un risque de métastases osseusesqui peuvent être évoquées sur des douleurs ou des fractures des os, mais également des métastases du foie ou des poumons.
Enfin ces signes sont généralement présents dans un contexte d’altération de l’état général avec une perte de poids, une perte d’appétit et une fatigue persistante.

Quels sont les principes du traitement du cancer de la vessie ?

Les stratégies de traitement du cancer de la vessie se définissent en fonction de plusieurs paramètres dont le stade d’avancement du cancer.
Il existe trois grandes classes dans lesquelles on peut ranger les cancers de la vessie : les cancers superficiels, les cancers infiltrant le muscle vésical et les cancers métastasés. Pour déterminer à quel type appartient le cancer, l’urologue va enlever la tumeur lors de la cystoscopie, c’est « la résection transurétrale de vessie » et le prélèvement sera analysé par le laboratoire d’anatomo-pathologie.
• Pour les cancers superficiels de la vessie, la « résection transurétrale » de la tumeur vésicale, réalisée pour le diagnostic, est aussi le principal traitement. Dans certains cas, elle pourra être suivie par l’injection dans la vessie d’un produit limitant les risques de récidives, c’est « l’instillation endovésicale ».
• Pour les cancers infiltrant le muscle vésical, la chirurgie est la première étape de la prise en charge. Elle consiste à enlever la totalité de la vessie, « la cystectomie totale » et à rétablir la continuité entre les uretères et l’urètre. Ensuite, une chimiothérapie sera envisagée pour compléter le traitement.
Dans le cas où la chirurgie serait refusée ou contre-indiquée à cause de l’état général du patient, un traitement par radiothérapie peut être proposé à la place. Celle-ci pourra également être associée à une chimiothérapie.
• Pour les cancers métastasés, il n’y a pas d’indication à la chirurgie. La chimiothérapieest le traitement de référence.
• En plus de toutes ces prises en charge, le médecin devra tout faire pour supprimer ou réduire les facteurs de risques identifiés du cancer de la vessie.
Ainsi une consultation avec un tabacologue sera proposée au malade pour débuter le sevrage tabagique.
Concernant l’exposition professionnelle de produits nocifs, des mesures seront prises pour dédommager l’employé et pour organiser son poste de travail.