CANCER COLORECTAL : Certains antihypertenseurs prometteurs ?

Certains hypertenseurs courants, dont les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC) et les antagonistes des récepteurs AT1 de l’angiotensine (ARA II) pourraient avoir une nouvelle indication :  réduire le risque de cancer colorectal. C’est la conclusion de cette nouvelle recherche d’une équipe de l’Université de Hong Kong, publiée dans Hypertension, une revue de l’American Heart Association. Un résultat primordial, sous réserve de confirmation, alors que le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent et la deuxième cause de décès par cancer dans le monde.

Ces médicaments antihypertenseurs sont prescrits pour des affections telles que l’insuffisance cardiaque, l’hypertension artérielle ou les maladies cardiaques. Ils inhibent ou bloquent l’angiotensine, un composé chimique qui fait « rétrécir » les artères. L’objectif est de réduire la rigidité artérielle et d’accroître l’élasticité des vaisseaux sanguins afin d’abaisser ainsi la pression artérielle.

Des antihypertenseurs contre le cancer du côlon ?

Les rôles des inhibiteurs de l’ECA (ou ACE) et des ARA sur le développement du cancer sont controversés et les résultats d’études sur le sujet sont contradictoires. Cependant, la plupart de ces études ont été menées sur un très faible échantillon de patients et une durée de suivi trop brève. « Cette nouvelle étude apporte de nouvelles perspectives sur le rôle possible de ces médicaments « courants » pour la prévention du cancer colorectal », explique l’auteur principal, le Dr Wai K. Leung, professeur de médecine à l’Université de Hong Kong : « Il s’agit de la première étude à montrer les effets bénéfiques des inhibiteurs de l’ECA et des ARA sur le développement du cancer colorectal, sur la base d’un grand groupe de patients exempts de cancer colorectal à l’inclusion ».

Cette analyse des dossiers de santé de 187.897 patients, suivis durant 8 ans constate en effet que :

  • Les participants qui prennent ces antihypertenseurs ont un risque réduit de 22% de cancer colorectal sur les 3 années qui viennent ;

  • les bénéfices de ces 2 classes d’antihypertenseurs sont observés chez les patients de 55 ans ou plus et ceux ayant des antécédents de polypes du côlon ;

  • le bénéfice associé aux médicaments s’avère limité aux 3 années suivant la coloscopie de référence négative, à l’inclusion.

Ainsi, aux indications habituelles de ces antihypertenseurs, il serait possible d’ajouter la réduction du risque de cancer colorectal,

« un bénéfice supplémentaire que les médecins doivent prendre en compte lors du choix de l’antihypertenseur »,

écrivent les chercheurs.

Certes, bien que très large, cette étude rétrospective devra encore être vérifiés avec une étude prospective randomisée contrôlée.